Karim Wally « Composer avec le lectorat et prospecter »

A bientôt 40 ans, Karim Wally est le directeur de la rédaction de Nord-Sud Quotidien, un journal qui a vu le jour en 2005 en Côte d’Ivoire. Rencontre avec le journaliste ivoirien qui nous livre les perspectives qu’il entrevoit pour la presse de son pays.

"Le lectorat est aujourd'hui très déçu de la presse ivoirienne" (Crédit : S.H.)

« Le lectorat est aujourd’hui très déçu de la presse ivoirienne » (Crédit : S.H.)

Simon Hue : Comment peut-on créer un média indépendant en Côte d’Ivoire, pays qui a connu de graves crises politiques ?

Karim Wally : C’est là la réflexion. C’est la problématique actuelle au niveau de la presse ivoirienne. C’est une presse qui a perdu des millions de lecteurs et qui est obligée de réfléchir et de voir qu’elle peut revenir aux fondamentaux du journalisme. Je vous avoue que ça sera difficile parce qu’en matière de presse on ne change pas du jour au lendemain sa ligne éditoriale. Maintenant, il y a toujours une possibilité pour de nouveaux journaux de se créer, quitte à faire un travail remarquable pour attirer le lectorat qui est aujourd’hui très déçu de la presse en Côte d’Ivoire.

S.H. : Comment œuvrez-vous au sein de votre rédaction pour aller dans le sens d’un média indépendant ?

K.W. : Il y a un média de base sur lequel on n’a pas le choix. Il faut composer avec ce lectorat et en même temps proposer d’autres contenus qui pourraient intéresser des lecteurs hors de notre lectorat de base. Sur ce plan, la réflexion continue, elle n’est pas figée. On essaye à travers les expériences glanées ça et là d’obtenir des tuyaux éventuellement pour intéresser de nouveaux lecteurs. C’est un combat quotidien et je vous avoue que ce n’est pas simple.

S.H. : La révolution du numérique pourra t-elle changer la pratique journalistique en Afrique ?

K.W. : Forcément le numérique sera un jour présent en Afrique. Aujourd’hui le plus important c’est d’utiliser le numérique pour compléter ce qui se passe déjà au niveau de la presse écrite comme une plus-value. Là encore, il y a une réflexion à mener. Il n’est pas évident pour des pays qui n’utilisent pas de cartes bancaires ou des pays qui n’utilisent pas les moyens de paiement en ligne de se vendre. Le modèle économique de ce type de presse est à redessiner.

Propos recueillis par Simon Hue

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