Discours d’Aurélie Filippetti : ce qu’il faut retenir

Elle était attendue. L’intervention de la ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti ce mercredi 6 novembre face à une assemblée de journalistes lors des Assises de Metz n’a pas abouti à une révolution. Mais elle a permis de clarifier les positions qu’elle entend défendre. Petit résumé d’un discours de près de trois-quarts d’heure.

Aurélie Filippetti a tenté de faire un point complet sur la situation de la presse française, avec un certains nombres d'annonces concrètes. (Photo Nathan Gourdol)

Aurélie Filippetti a tenté de faire un point complet sur la situation de la presse française, avec un certain nombre d’annonces concrètes. (Photo Nathan Gourdol)

Une introduction teintée d’émotion
La ministre a tenu à commencer son discours en rendant hommage à Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les deux journalistes de RFI assassinés au Mali le 2 novembre dernier «Comment comprendre, comment juger l’atrocité d’un tel geste» a-t-elle déploré. Elle en a profité pour rappeler que «Les médias français n’ont pas à représenter la voix de la France, mais l’idée de l’indépendance de la presse que défend le pays».
Elle a d’abord indiqué que les Assises sont «un moment de respiration, et de débat démocratique, bien plus qu’une simple réflexion». C’était sa manière de s’élancer sur le thème général des Assises, à savoir réinventer le journalisme. Elle est revenue sur l’évolution des demandes et des pratiques qui affecte la profession, avec notamment la refonte des supports, avant d’embrayer sur la crise conjoncturelle.

Avant de prendre la parole, la ministre de la Culture et des Communications s'est vue remettre une circulaire de recommandations des membres des Assises. (Photo Nathan Gourdol)

Avant de prendre la parole, la ministre de la Culture et de la Communication s’est vue remettre une note récapitulative sur les débats autour du secret des sources et de la liberté d’information. (Photo Nathan Gourdol)

« La respect de la déontologie est essentiel »
«Les jeunes journalistes comme les chevronnés, doivent toujours rester très liés aux règles de déontologie, sans pour autant donner dans le corporatisme». La ministre a répété à plusieurs reprises la sacro-sainte nécessité de respecter les «exigences des journalistes vis-à-vis d’eux-mêmes». Elle a appuyé son propos en revenant sur les dérives en Grande-Bretagne, avec les écoutes téléphoniques du NewsOfTheWorld. Elle a poursuivi sur l’obligation de «respecter les chartes», laissant miroiter le spectre d’un lecteur qui ne distingue plus un contenu qui suit les règles de celui qui ne le fait pas.

Aurélie Filippetti a tenté de clarifier son projet de loi sur le secret des sources. (Photo Nathan Gourdol)

Aurélie Filippetti a tenté de clarifier son projet de loi sur le secret des sources. (Photo Nathan Gourdol)

Des initiatives concrètes
L’heure des annonces est ensuite arrivée. Pour elle, le lieu de réflexion déontologique ne doit pas être un Conseil de presse, mais autre chose. Elle a affirmé avoir «des réticences sur le fait que l’État impose la création d’un Conseil de presse» et assuré préférer que l’initiative vienne de la profession. Elle a annoncé vouloir mandater prochainement une personnalité indépendante de son ministère et de l’Etat pour mener une enquête à partir des autres pays et rendre en janvier un rapport sur les pistes à suivre.
Aurélie Filippetti a ensuite décrit le nouveau journaliste comme «multitâche». Pour elle, «la presse renouvelle sa capacité à orienter le débat». Elle a mis en garde l’audience contre un «risque d’uniformisation des contenus» qui peut être lié à l’évolution des pratiques.
Sur des aspects plus juridiques, elle s’est attirée les sympathies du public lorsqu’elle a clamé que «la loi affirme que le journaliste n’est pas un salarié comme les autres, mais elle le considère tout de même comme un salarié». Elle a évoqué pêle-mêle «l’utilisation abusive de la mention D.R (Droits Réservés)», «l’évolution des statuts de pigistes et de collaborateurs» ou encore «la place des femmes dans les équipes rédactionnelles». Aurélie Filippetti est bien sûr revenue sur son projet de loi sur le secret des sources. Elle a annoncé qu’il serait examiné en janvier. Il visera notamment à éradiquer le délit de recel, mais aussi à une plus grande protection des données personnelles. Tout cela en accord avec ce qu’elle a développé dans son discours, à savoir laisser les coudées franches aux professionnels.

 Nathan Gourdol

La ministre de la Culture et des Communications a jusqu'à janvier pour réfléchir avant de présenter son projet de loi. (Photo Nathan Gourdol)

La ministre de la Culture et des Communications a jusqu’à janvier pour réfléchir avant de présenter son projet de loi. (Photo Nathan Gourdol)

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