Entre journalistes et lobbyistes, un devoir de transparence ?

Qui décide de l’agenda médiatique des groupes de presse ? La réflexion est lancée aux Assises, surtout quand on sait que les lobbys (définis comme des «une structure organisée pour représenter et défendre les intérêts d’un groupe », voir précédent article) tentent d’orienter l’exercice de la profession journalistique.

Mardi 5 novembre, entre éthique, déontologie et lobbys, on pose des réflexions.

Mardi 5 novembre, entre éthique, déontologie et lobbys, les professionnels posent une réflexion (Crédit photo: C.P)

Industriels, scientifiques, chercheurs ou encore organisations non gouvernementales (ONG) réunis en groupes pour défendre leurs intérêts, cela devient un lobby. Entres ces professionnels et les journalistes, une relation compliquée qui est souvent perçue comme une tentative d’influence de l’univers médiatique.

Ces groupes d’intérêts sollicitent les professionnels, parfois directement, via leur compte Twitter par exemple, comme l’explique Clémentine Forissier, rédactrice en chef de Contexte :«Des journalistes m’ont dit qu’ils étaient sollicités pour retwitter des annonces d’ONG, qui leur demandaient de le faire « pour la bonne cause ». »

Le plus souvent, l’influence des lobbys se fait de manière indirecte et surtout dissimulée, « les voyages de presse, les cadeaux faits aux journalistes sont aussi des manières d’influencer leurs choix éditoriaux » selon Daniel Lebègue, président de Transparency International France et président du comité d’éthique et de déontologie du Monde.

Selon lui, il est nécessaire de faire rimer lobbying et transparence en indiquant la participation des groupes d’intérêts dans la réalisation de projets de loi.

Côté journaliste, une règle de bon sens s’applique selon Daniel Lebègue :« diversifier et contrôler ses sources, c’est la base de la profession». Toutefois la transparence est également de mise. Celle-ci passe par la déontologie : « Les journalistes ont besoin de règles du jeu. Les cadeaux en nature faits aux professionnels par les groupes d’intérêts ne permettent pas l’indépendance. Il faut fixer les limites d’un système qui se gangrène.» explique-t-il avant d’ajouter :« Il faut un gardien des règles du jeu. Au Monde, le comité d’Ethique et de Déontologie assure cette fonction. »

Enfin, ultime recours pour préserver l’indépendance de la profession, le contrôle et la sanction des dérives. « Les journalistes donnent à voir et permettent aux citoyens de comprendre, il ont une mission d’intérêt général et ne peuvent pas tout se permettre.» conclut le président de Transparency International France.

 Charlotte Palau

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